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En juin 2000 sortait le CD BRO DREGER XII « Daou ha daou » (Duos). Les CD précédents de la collection Bro Dreger ont permis de faire découvrir un large panorama de la musique traditionnelle, dans ses formes les plus authentiques. Mais cette musique est en perpétuel mouvement. Aussi, pour ce nouveau CD, quatre duos ont conçu chacun une création musicale d'une dizaine de minutes à partir de thèmes traditionnels et de compositions inspirées de la tradition. Cathy Bertrand (treujeunn-gaol) et Michel Bussière (violon) ont voulu retrouver une manière de sonner le violon et la clarinette, enracinée dans l'ancienne tradition qui oblige à avancer contre le courant de l'uniformisation du tempérament et des gammes. Pour cela Michel Bussière a composé des mélodies en empruntant leurs gammes et leur vocabulaire rythmique aux airs de dañs Treger édités en 1889 par Narcisse Quellien dans « Chansons et danses des Bretons ». Michel Savidan (bombarde) et Daniel Launay (biniou) ont repris une suite qu'ils avaient créée pour le trophée Matilin an Dall de Lorient en 1998. Celle-ci est articulée autour de deux terroirs : la région de Loudéac et le Trégor. Ils utilisent des instruments en gamme non tempérée tournés par Paul Larivain, luthier à Kermaria-Sulard, sur le modèle d'une bombarde ancienne retrouvée dans un grenier près de Loudéac. Le but de cette création est de faire se rejoindre une musique traditionnelle orale et une musique d'inspiration traditionnelle écrite. En effet, la musique bretonne, si elle doit respecter la sensibilité d'un terroir, peut et doit répondre à l'attente de l'auditeur et de l'interprète de l'an 2000. Philippe Ribaut (bouzouki, bombarde) et Jean Sabot (harmonica) jouent des instruments non traditionnels en Bretagne : le bouzouki et l'harmonica. Ils rendent un hommage à tous ceux qui ont trouvré pour la conservation du patrimoine musical traditionnel, qu'il s'agisse des collecteurs renommés ayant publié des livres (Bourgeois, Duhamel, Luzel, Monjarret, Quellien) ou des nombreux anonymes qui ont fait arriver jusqu'à nous, par la transmission orale, des pièces parfois fort anciennes. Ribaut et Sabot interprètent des airs traditionnels et ont exercé leur créativité sur la mise en place et l'enchaînement de ces airs. Ils nous convient à un parcours dans le Trégor qui passe par le sud-est avec l'influence du pays Plinn (Coadout et Trégonneau), rejoint la côte (Plouguiel) et se termine dans le sud-ouest avec l'influence de la Montagne. Jean-Luc Thomas (flûte traversière) et Pierrick Tardivel (contrebasse) ont choisi comme fil conducteur de leur création la chanson « Bonom kozh » (Le vieux bonhomme) qui est connue dans toute la Bretagne avec de nombreuses mélodies différentes. Le texte raconte que le vieux bonhomme refuse la main de sa fille au jeune prétendant. Celui-ci, loin de se décourager, s'en va la retrouver et, un beau jour, la pauvre Janedig se retrouve enceinte. Le vieux bonhomme revient alors proposer sa fille au jeune homme qui, voyant le dépit du pauvre père, l'éconduit sans ménagement. L'autre fil conducteur de cette création est le festival Plinn du Danouët où ont été entendus chanter ou sonner la plupart des thèmes joués ici (mélodie, marche, dañs Plinn). Comme pour les enregistrements précédents, la qualité de l'enregistrement a été particulièrement soignée. Celui-ci a été réalisé en multipiste numérique, au studio Siam de Rennes par Philippe TERRASSE qui est actuellement un des meilleurs ingénieurs du son en Bretagne. Le livret est illustré des photographies des interprètes faites par Gilbert LE GALL. |
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